Dites-moi ce que vous n’aimez pas chez vous …

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Quand vous pensez Californie, et Los Angeles plus précisément, qu’est ce qui nous vient immédiatement à l’esprit ? Soleil (ok), palmiers (ok), plage (ok), acteurs célèbres au m2 (ok), cinéma (ok), Malibu (ok) et ??? Kardashian ? (ok aussi)… Vous ne me voyez pas venir ?? Non, vraiment pas ??? CHIRURGIE ESTHETIQUE ( OKKAAYYY) !!! Ca y est, vous y êtes ??? La Californie c’est le temple de la chirurgie esthétique les filles, et ça tombe bien parce que j’y vis !!!

Pour ne pas faire mentir mes chères copines qui ont toujours salué le fait que je sois première en tout : première à être réglée ( check), première à être mariée ( check), première à être maman (check), première à être divorcée (check), première à être ménopausée ( pas encore check mais vu ma montée et descente d’hormones, ça ne devrait plus tarder), je me suis dit qu’être première à entrer dans le temple des « je refais tout à neuf et j’assume », était indispensable ! Comme je mets l’amitié au centre de tout, je me suis sacrifiée et je me suis dit que je me devais de faire profiter les copines d’une expérience dans ce domaine et l’occasion arrive à point nommé !                                                                       Je me souviens d’ailleurs d’une conversation avec l’une d’entre elle sur le sujet (elle se reconnaitra ) qui me disait que quand le jour viendrait où elle ne pourrait plus se regarder dans le miroir sans pousser de grands cris, elle irait voir le faiseur de miracle, discretos, et qu’elle ferait le nécessaire sans que personne ne le sache … Moi aussi j’ai fait ça discretos ne voulant surtout pas que de bonnes âmes me fassent partager leurs expériences ( on connait toujours la copine d’une copine qui l’a fait) et du coup me découragent.                   Le nécessaire et minimum  ici c’est le « mummy makeover », comprenez le ravalement de façade ( yeux, lèvres, menton, pommettes ) associé au ravalement corporel intégral : les seins, les fesses, les cuisses, et, et !!! le rétrécissement vaginal ( si, si je vous assure que c’est hyper tendance – quand 1 ou plusieurs mômes sont passés par là, ça devient VITAL, disent-elles. Toutes les femmes du monde ( au moins californiennes ) passent leur vie un miroir habillement placé entre leurs jambes pour constater l’ampleur des dégâts et hurlent à la mort en découvrant… bref, les filles, vous avez compris )

Comment fait-on donc pour choisir son chirurgien esthétique au pays où ils sont plus nombreux au M2 que les stars de cinéma? On évite en tout cas ceux qui font leur pub sur les caddies des supermarchés!! On va sur google et Yelp surtout, et on cherche. Perso, j’avais décidé de ne pas le prendre trop moche partant du principe qu’il doit être la vitrine de son job, beau mec, early 50 years old ( faut qu’il ait un peu pratiqué quand même, la chirurgie j’entends…) qui prend soin de son corps, qui n’a pas de poils disgracieux qui dépassent, et qui dégage une sorte de charisme du bistouri, si tant est qu’un tel charisme puisse exister. Après vérification des diplômes du grand gagnant ( parce qu’eux aussi sont publics), je prends donc RDV avec la perle rare, celle qui d’un coup de baguette magique va me rendre le corps de mes 20 ans. A ce stade, vous vous demandez encore ce que j’ai bien pu décider de me faire refaire, mais je garde encore un peu le suspens…

Je me rends donc à mon premier RDV dans la cour des miracles avec l’accord de l’Homme qui m’a fait jurer cracher que je ne toucherai jamais au visage ( j’ai juré craché en croisant les doigts derrière mon dos – on ne sait jamais ce que les années peuvent bien abimer et il ne faut pas promettre des choses qu’on ne pourra pas tenir). Une créature au physique improbable m’accueille. Vous vous êtes déjà demandé en voyant une femme si vous la trouvez belle ou non, sans être capable de répondre à cette simple question ? Impossible de dater La chose, des pistes sont envisagées au cours de la discussion ( elle a des enfants en bas âge) et j’acquière la conviction que de nombreuses choses ont été refaites sur son corps tout entier, même si elle est plus vraisemblablement plus jeune que moi. Déformation professionnelle ? Vitrine mobile des oeuvres du chirurgien ? Elle me tend une chemise bien sexy qui s’ouvre dans le dos et me demande donc de me déshabiller en attendant Merlin l’Enchanteur qui finit par arriver dans son costume 3 pièces, plutôt pas mal d’ailleurs ( le costume les filles, le costume). Après avoir passé 3 semaines à moitié nue à Tahiti auprès de l’Homme qui me connait par coeur et me trouve MERVEILLEUSE et tellement BELLE       ( on devrait lui décerner une médaille à cet homme là pour son aveuglement chronique), je me retrouve donc à moitié nue devant cet étranger.                                                                       Bon alors, les filles, ne nous mentons pas, j’ai connu des heures de gloire beaucoup moins humiliantes que celles-là ! Chacune visionne dans sa tête la scène et se demande depuis combien de temps, elles ne se sont pas retrouvées nues devant un illustre inconnu ( je ne parle pas là des accès de sexe sauvage dans des lieux improbables – je parle bien de la lumière crue des cabines d’essayage de lingerie qui font bien ressortir TOUTES vos imperfections mais avec un mec que vous ne connaissez pas qui vous fait face, vous regarde et ne vous touche même pas). Vous avez l’image ? Je vous fais le son. Le monsieur comprend immédiatement pourquoi je suis là, c’est visible à l’oeil nu ! Bien évidemment que même si je courais 20 kilomètres par jour, que je faisais 1 heure de rameur, 3 heures d’aqua poney et que j’arrêtais définitivement de manger, jamais je ne viendrais à bout de cet amas de gras là, et de celui là, et de l’autre là et de cette foutue cellulite qui m’empoisonne la vie !!! Même qu’il connait des marathoniennes qui ont de la cellulite, c’est génétique ( merci maman) et qu’il faut comprendre que lorsqu’on fait des bébés on fait aussi du gras qui ne repart pas forcément (merci mes filles).                                            Mais pas de souci, des frustrées des traitements anti-cellulite dans mon genre avec des problèmes existentiels, il en croise tous les jours et avec son petit bistouri, il fait des miracles. Allez !! On y va pour le plan C, ( je vous vois venir), le plan Cuisses donc, et tout ce qui tourne autour et tu vas voir comment tu vas être trop heureuse après. Le plan C est donc : je fais quelques petits trous dans tes cuissots, j’entre avec une canule qui a un laser au bout et je brûle tout le gras !! Ouais ouais il est comme ça Merlin l’Enchanteur, il y va. Ensuite, quand j’ai tout est bien cramé, j’aspire le trop plein ! De la ROUTINE, tout ça c’est pretty easy!!! Il m’explique qu’après l’opération j’aurai un « compression pants » à porter nuit et jour pendant 6 semaines et que je pourrai apprécier tous les résultats 6 mois plus tard. Je pose quand même la question  » ça fait mal comment ? », il répond que je vais « look like beaten up » ( traduire battue ) et que je me sentirai un peu « sore « , comprenez « endolorie ». Ben tout est clair et limpide… Tu rentres en salle d’op, tu fais le truc puis tu ressors et tu galopes 3 jours plus tard. II me dit réfléchissez, parlez-en, avec votre mari et rappelez moi… Plus on veut l’opération, moins elle fait mal !!! Et comme je la veux depuis la naissance de MK, ça va être « a piece of cake ».

Que dit mon époux, le Saint Homme quand je lui raconte par le menu cet entretien de reconstruction et que je mets le doigt sur toutes les petites merdouilles de mon anatomie que je trouve disgracieuses ?? Avec diplomatie en choisissant bien ses mots, il dit que comme ça fait 6 ans que je l’emmerde avec ce truc, que j’y aille me faire charcuter par Merlin et que j’arrête d’en parler, que je fais ça pour moi et pas pour lui, puisque lui me trouve toujours aussi MERVEILLEUSE. ( soi-dit en passant, il me parle régulièrement de mes fesses moulées dans un short en jeans qui n’a d’ailleurs jamais existé que dans ses fantasmes, que j’aurai porté la dernière fois que nous nous sommes vus, je devais donc avoir 20 ans, et autant dire tout de suite que se ne sont plus les même fesses 22 ans plus tard !). Je voudrai bien qu’il aille dare-dare se faire un petit examen ophtalmique parce que vraiment il ne voit plus clair ;-).  Je plaisante évidemment, je le taquine, c’est chouette de savoir qu’il ne voit en moi aucun défaut physique, seulement à quel point je suis super méga chiante.

Je confirme donc mon/notre accord par e-mail et me voilà partie pour mon second RDV : le RDV pré-op.On passe en revue tous les traitements, médicaments, opérations antérieures que j’ai pu avoir… Mais surtout, on passe à la phase humiliation numéro 2 : celle des photos. Mais oui, mais oui, il faut faire le avant/après. IL FAUT on te dit ! Alors, résumons les choses : c’est déjà super sympa de se retrouver nue devant un inconnu mais c’est encore mieux quand il te prend en photo, sous toutes les coutures, pour immortaliser A JAMAIS cet incroyable moment ! Toi, tu es là pour oublier que tu tombée aussi bas et lui trouve très intéressant de te coller sur son website avec la mention regardez ce que j’ai fait de la créature, la cour des miracles je vous dis !!

Le 14 octobre arrive enfin, jour où entre les mains de ce faiseur de miracle, je vais pouvoir oublier que j’ai eu 3 enfants et que ce gras accumulé va disparaitre. Une dernière douche parce que la prochaine sera dans 3 jours, l’Homme m’accompagne, m’embrasse, me souhaite bonne chance ( il aurait du souhaiter bonne chance au chirurgien, c’est lui qui va avoir du taf), laisse ses coordonnées à l’accueil au cas où je ne me réveillerai pas et s’en va, me laissant là avec quelques doutes quand même sur le bien fondé de cette opération.       En général, quand j’ai des doutes, je me fous à poil devant le miroir et comme par magie, ils s’en vont presque instantanément !

J’enfile donc ce magnifique petit string chirurgical qui sied comme un gant à ma MERVEILLEUSE silhouette, la chemise qui s’ouvre à l’arrière et de très beaux bas blancs de contention. Charlotte sur la tête et petits chaussons en plastique bleus, tous mes atouts de séduction sont au vert. L’infirmière vient me poser la perf pour l’anesthésie, puis arrive mon super héros avec ses feutres. Parce que oui, phase humiliation numéro 3, Monsieur va dessiner sur mon corps avec ses sharpies..   ( le sharpie étant un marqueur indélébile).       Il s’éclate, utilise plusieurs couleurs, fait des gros carrés, des petits carrés, des ondulations, et évidemment de face et de dos, prend un air inspiré et ne dit pas un mot !! Il ne doit pas être du matin ce garçon.L’opération va  durer 3h30, il me demande si je suis anxieuse et si je veux un petit valium. Je réponds qu’on va se passer du valium, que je gère ;-). L’anesthésiste arrive enfin, m’explique ce qu’il va faire, qu’il mettra un anti-nauséeux dans la perf et un anti douleur et que je vais être super « comfortable » quand je vais me réveiller. Il a un sourire d’ange ce type là, et des yeux très rieurs, il me prend par la main et m’emmène au bloc, en marchant, aérienne je suis, Sissi face à son destin. Il m’installe sur la table et pouf, black out, sans qu’il ne dise un mot, je pars…

Je me réveille et la toute première chose que je fais évidemment c’est que je touche mes cuisses et je sens immédiatement que je porte le fameux pantalon de contention dont Merlin m’avait parlé. Je demande à l’infirmière l’heure qu’il est : 13h00. L’opération a donc duré presque 6 heures, au lieu de 3 1/2, il a pris son temps mon Merlin, il a certainement eu le temps de m’admirer sous toutes les coutures ! Elle me demande si je suis prête à rentrer chez moi. Ben oui, c’est les States ici, tu vas pas non plus faire un pique-nique, au prix de la chambre, t’es réveillée, tu dégages de là. J’ai mal à la tête, je tousse. L’anesthésiste vient me voir et me dire qu’il m’a intubée parce qu’ils ont du me retourner dans tous les sens ( chouette, chouette) et que c’est normal, ça va passer.On va appeler mon mari, je ferme les yeux 2 secondes, et j’entends la voix de la puce qui piaille dans la salle d’attente. Comment je suis sortie de mon lit, comment on m’a collée dans une chaise roulante pour me coller ensuite dans le super 4X4, super haut de l’Homme, je ne m’en souviens plus vraiment… Ce dont je me souviens plutôt bien en revanche c’est d’avoir bien senti toutes les bosses de la route jusqu’au chemin qui mène à notre maison et sur lequel il y a 3 dos d’âne… J’ai comment dirai-je le corps à fleur de peau !

Je suis sûre que vous n’avez qu’une seule question qui vous brûle les lèvres… ok peut-être deux : alors, ça fait mal ? et est-ce que c’est réussi ?

A la seconde question, je répondrai que je n’en sais rien, je dois revoir le chirurgien le lendemain pour enlever les pansements, je verrai bien.

A la première, let’s see comment je vais vous dire ça… Vous savez bien que je ne mens jamais et que je ne suis pas de celles qui racontent partout qu’un accouchement c’est « gérable » et qu’on oublie la douleur à la seconde près, quand on a son bébé dans les bras.                     Je dirai que le meilleur avec cette douleur là, c’est 1/2 heure après la prise de Vicodin ( vous savez ce médoc que le docteur House prend comme des M&M’s quand il ne peut plus marcher, même avec sa canne et qu’il gambade comme un lapin dans la 1/2 heure qui suit ?) et que tu planes à 2000. A l’heure de la légalisation du fumage récréatif de marijuana, si j’avais su, j’aurai fait une collection dans le jardin et j’aurai fumé toute la journée ! On se rappelle s’il vous plait de la maxime : plus on veut l’opération, moins elle fait mal ! Il s’avère que je n’ai pas dû la vouloir assez, j’aurai du attendre encore au moins 110 ans. Sur une échelle de 1 à 10, ma douleur est à 18. L’Homme me demande où je place la douleur d’un accouchement… Ben 10 sauf qu’elle dure 10 heures en moyenne et que celle-ci, bien tenace, va durer 3 bonnes semaines ( j’en suis à 4 après l’opération et je ne trouve que maintenant le courage de vous raconter mais aussi celui d’en rire). J’ose avancer que je ne pense pas être douillette, affirmation qui a l’air de totalement faire halluciner l’Homme qui précise quand même que je me plains tous les jours d’avoir mal quelque part. Prends ça dans ta tronche ! A cause de toi maintenant, ma douleur est passée à 29, parce qu’en plus, elle est devenue émotionnelle, parce que oui tu m’as blessée à mort, moi qui rampe comme un animal blessé, ventre à terre en chialant comme une gosse . Elle est doublement morale car l’Homme refuse absolument de me donner mes anti-douleurs avant les 4 heures règlementaires et comme je demande toutes les minutes 1 heure après la prise, ça le saoule grave et il me le montre en soupirant beaucoup. Il suit les consignes du médecin à la lettre et me dit que je dois marcher, alors je marche, 45 minutes pour aller du canapé à la porte d’entrée, et lui avec ses jambes de géant fait l’effort de faire de petits pas de souris en me tenant la main, pendant que je gémis comme une sourde … Maintenant que vous voyez bien le tableau, je me permets le petit détail qui tue, le petit détail qui fait que cette scène est encore plus comique vue de l’extérieur :  mon pantalon de compression post-opératoire possède un trou entre les jambes pour favoriser les commodités naturelles sans avoir à l’enlever ( vous avez vu comme j’ai bien écrit ça), ce qui veut dire, plus abruptement que je me balade les « attributs » à l’air. Vous avez le droit de rire parce que je ris moi aussi en l’écrivant ! Je suis aussi MERVEILLEUSE de devant que de derrière !! Je prends le risque, parce qu’il faut être honnête jusqu’au bout de partager avec vous la première séance de passage aux toilettes où quand je m’assoies sur la cuvette j’ai l’impression que je vais mourir et que toute la chair de mes cuisses va tomber sur mes chevilles. Bien fait pour moi va !!! Impossible pour moi de monter les escaliers qui mènent à notre chambre, l’Homme m’installe donc sur le canapé lit de la chambre d’amis au RDC  ( ça c’est pour répondre à un sms d’une copine qui m’a demandé pourquoi je testais le canapé lit ). Evidemment je ne ferme pas l’oeil de la nuit, je bouffe des madeleines toutes les 4 heures pour pouvoir prendre mes médicaments qui me dégommeraient l’estomac si je les prenais à jeûn. C’était bien la peine de se faire liposucer si c’est pour bouffer n’importe quoi à n’importe quelle heure !

Mais le meilleur arrive : le lendemain, retour dans la cour des miracles pour « the results « ! Merlin va m’enlever les bandages. Oui parce que je ne vous ai pas dit mais sous le pantalon de compression, il m’a mis d’épais bandages car du gras peut encore sortir des petits trous qu’il a fait dans mes cuisses pour y mettre ses canules d’aspiration. Mais comme je suis MERVEILLEUSE, pas de souci à ce que je sème mon gras en perdition dans toute la maison. Retour chez le chirurgien qui n’a pas trouvé que le RDV était assez important pour mettre son 3 pièces navy blue : tenue de week-end … Ben ça le fait moins, et je le trouve petit du coup dans ses baskets, moins charismatique du bistouri, je sais je m’éloigne… Il me conseille de m’asseoir parce que je peux tomber dans les pommes quand il va m’enlever la compression, puis de me lever parce qu’enlever un pantalon assise, c’est quand même pas easy easy. J’ai donc 2 hommes à mes pieds, qui tirent et qui poussent, si je n’avais pas aussi mal, j’aurai pu avoir des idées…                                                                                                 Pour mémoire je rappelle ce qu’il avait dit : « you will look like beaten up ».. Là, les filles, c’est pas « beaten up », c’est « beaten to death »…

 

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Ma fille qui apprend les couleurs dans son cours de fashion dirait c’est violet red, mais pas les violettes que tu as envie de manger. Quand ils se redressent tous les deux, j’ose un regard et je manque m’évanouir.. Je refais le respiration du petit chien, j’hyper ventile à mort. Plusieurs idées traversent mon esprit à ce moment là : ils s’y sont mis à plusieurs c’est évident, ils m’ont collé sous un 38 tonnes avec un bus par dessus. Je peux à peine me toucher, ça brûle genre brûlure du 12ème degré, ça gratte, une douleur de morsure de dogue allemand qui m’aurait bouffée toute crue. Je suis enflée à mort, mes jambes ont doublé de volume. Certes, je n’ai plus le bourrelet là sur le côté mais c’est à peu près tout ce que je constate à ce stade là. Merlin est content, good job, les dessins au sharpie sont toujours là, l’homme dit qu’il voit une INCROYABLE différence et que je suis passée dans la cour des MERVEILLEUSES DIVINITES. Il aurait dit n’importe quoi l’Homme pour que j’arrête de chialer, parce que oui j’ai fondu en larmes en me voyant dans cet état, un état que j’ai ardemment voulu de mon plein gré !

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Pour parler rapidement des 3 semaines qui suivront… L’Homme vit au RDC sur le canapé lit pour ne pas me déranger la nuit et surtout pour pouvoir dormir parce que moi je dors très peu… Je suis shooté à la vicodin et au valium. Malgré l’aide médicamenteuse, chaque lever est un cauchemar quand je pose les pieds au sol pour sortir de mon lit. Je pleure donc tous les jours. Je mets 2 heures à me mettre en route chaque matin. La douche matinale est super douloureuse, l’eau qui tombe en pluie me fait un mal de chien et le savon n’en parlons pas, je peux à peine me toucher. Aller aux toilettes reste la chose la plus douloureuse du monde, les bleus à l’arrière des cuisses restent très impressionnants.          Je mets 5 minutes à me déplier à chaque fois que je change de position. Marcher est quasi impossible mais nécessaire donc je me force. Je suis crevée comme je l’ai rarement été et compressée par ce pantalon qui est maintenant différent du chirurgical ( plus de trou entre les jambes, alleluia jésus, je peux garder certains trucs pour moi) mais qui me compresse tellement tout y compris le ventre que j’ai du mal à respirer. Je ne mange plus de madeleines, je prends mes médicaments à jeûn, mon estomac a l’air de tenir le coup, je n’ai plus faim, je suis dans la phase « mais tu es vraiment trop conne ma pauvre et tout ça par excès de vanité ». Je retourne à la clinique voir régulièrement des infirmières : tout guérit bien, tout désenfle progressivement mais l’une d’entre elle décide de rajouter une compression supplémentaire que je dois porter EN PLUS du pantalon de compression. Voilà à quoi ça ressemble, on dirait les panneaux qu’on installe sur les murs quand on veut les isoler. Ca se colle sur la peau, imaginez donc mesdames la sensation du scotch sur une peau truffée de bleus :

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Je suis maintenant prête pour un bon petit match de foot américain.

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La semaine dernière encore j’évaluais ma douleur à 8 en disant à la nurse que Merlin devrait prévenir que ça fait autant mal. Elle doit se demander si j’ai un cerveau car s’il faisait ça, il n’aurait plus de clientes… Quoique… Les femmes sont maso au fond. Je pense à celles qui se font refaire le nez et qui doivent souffrir un martyr bien pire que le mien! Lundi je suis remontée sur mon tapis de course, j’ai marché et couru 11 kilomètres. Pareil le lendemain et les jours qui ont suivi. La sensation des muscles chauds fait un bien fou. Courir fait du bien à mon moral et j’ai l’impression de retrouver ma mobilité. Je peux maintenant me permettre de virer le pantalon de compression de temps en temps, et de m’habiller à nouveau. Dans l’intervalle, je me suis fait arracher une dent, sous anesthésie générale  encore  ( quelle formidable invention cette anesthésie générale ) et croyez moi si vous voulez, on ne sent rien quand on a mal ailleurs.

Dans 5 mois maintenant je devrai voir toute la splendeur de ce travail artistique de génie. Nous serons alors en mars. J’invite l’Homme à prendre quelques billets d’avion pour Tahiti parce que je vais me re-ballader à moitié  nue pendant 3 semaines. Lors de notre précédent séjour, sur un bateau, nous avions fait la connaissance d’une sirène hawaïenne au corps de rêve, aux longs cheveux noirs, qui n’avait de maillot que le nom et qui prenait des poses incroyables sur la proue du bateau avec son maillot 1 pièce-string, j’ai bien l’intention de lui faire un peu de concurrence 🙂

 

Des souvenirs de Nip Tuck ?? C’est comme si j’y avais été 😉 ( bon d’accord le beau gosse en moins…)

 

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